Matinée événement du REV à Grenoble, le 6 avril 2019

Rencontre, débat et projection avec le REV Grenoble
Le samedi 6 avril 2019 de 9h30 à midi
À la maison des associations de Grenoble
Entrée libre

Actif depuis mai 2015, le groupe local du réseau sur l’entente de voix…. propose notamment des temps d’échange et de partage d’expérience aux entendeurs de voix comme à leurs alliés que sont leurs proches et leurs soignants. Pour la première fois nous avons choisi de proposer un événement autour de la projection du film « Les voix de Mette » qui évoque le parcours de rétablissement d’une patiente et ouvre la voie des possibles. C’est une occasion d’en apprendre plus sur la démarche du REV puis de discuter avec des personnes des groupes de Grenoble et de Chambéry.

À bientôt donc,
Pour le REV, Pierre

REV actu : les activités du REV pour les semaines à venir

REV actu : les activités du REV pour les semaines à venir
Élargir encore les horizons du REV Venez nombreuses et nombreux à l’AG du REV ! L’Assemblée générale de l’association REV France se tiendra samedi 30 mars à 10h à la Cité de la santé à Paris : toutes les personnes intéressées sont les bienvenues.L’ordre du jour sera le suivant :1 – Bilan moral2 – Rapport d’activité3 – Bilan financier et budget prévisionnel4 – Présentation du REV acte 2 : le REV au-delà du REV !5 – Renouvellement du CA6 – Projets 2019 et 2020Et nous fêterons, à cette occasion, la naissance de la première délégation « régionale » officielle du REV… qui vient d’avoir lieu en Martinique !!! N.B. : seules les personnes adhérentes à l’association et à jour de leur cotisation peuvent prendre part aux votes mais toute personne intéressée peut participer à l’AG.Le REV France est une association totalement indépendante, ce qui la rend unique dans le champ de la santé mentale. Si vous partagez les valeurs et les objectifs de l’association, adhérez pour soutenir ses actions ! Puis à 14h, nous aurons un Forum exceptionnel (ouvert à tou-te-s… même si vous avez séché l’AG !) avec Dirk Corstens et Antoine Baleige, deux psychiatres pour une réflexion originale autour de l’usage des médicaments, avec pour thème : « Ecoutez les voix et soyez prudents avec les médicaments ». Retrouvez tous les détails sur le site du REV France !

A venir :
à Paris, du 18 au 20 mars, S’approprier la perspective du rétablissement, un atelier-formation en 3 jours, avec Yann Derobert et Vincent Demassiet, pour toutes les personnes intéressées par le rétablissement !
à Strasbourg, jeudi 21 mars, des ateliers et une conférence autour de l’entente de voix, en partenariat avec l’Etablissement public de santé Alsace-Nord ;
à Paris, samedi 23 mars, à 14h, Groupe de partage sur les idées suicidaires, avec Marine et Yann : retrouvez les infos pratiques sur le site du REV en cliquant ici ;
– à Avignon, samedi 30 mars, Rencontre-Atelier, « La mise en scène des voix », cliquez ici ;
– du 8 au 14 juin à Chevilly, se déroulera le séjour de rétablissement du REV : intéressé-e ? Contactez Yann au 06 42 72 66 19 ou à admin@revfrance.org

A très bientôt !Yann pour le REV France

2019, l’année où la chenille du REV se transforma en papillon !
Quand le REV fait rêver aussi bien les entendeurs que les non-entendeurs de voix ! 
Pratiquement tous les entendeurs nous disent : « Mais je n’ai pas que des voix, j’ai aussi d’autres expériences ! ». Et les « non-entendeurs » nous disent : « Moi le REV me parle mais je n’entends pas de voix, est-ce que je peux venir quand même ? ». Hé oui… les étiquettes c’est bien encombrant et ça n’est tellement pas qui nous sommes ! Donc… proposition est faite, invitation est lancée : redoublons de rêves et créons un nouveau REV, un REV au carré, un REV qui accueille toutes les expériences humaines, un REV toujours et encore porté sur l’action en faveur du rétablissement pour toutes et tous. Bref, le REV acte 2 !

Samedi 9 mars, matinée REV à Grenoble

Bonjour,

Rendez-vous le 9/03 au Chimère-café à Grenoble.

De 9h à 10h00 temps de parole pour entendeur de voix et alliés.

De 10h00 à 10h45 temps d’accueil des nouveaux arrivants – temps associatif

10h45 à 11h45 > groupe Entendeurs de voix

Pour plus d’informations : revgrenoble@gmail.com

Pierre

Quand les voix douces meurent : hallucinations verbales auditives et un mot de quatre lettres (amour)

La traduction d’une partie de l’article de McCarthy-Jones & Davidson (2013) sur le lien entre amour et l’entente de voix. 

Une façon d’améliorer l’efficacité des interventions existantes et de répondre aux préoccupations des personnes qui entendent des voix (ex : les pratiques actuelles ne prennent pas en considération les aspects importants de leur vie) est d’approfondir nos connaissances à propos des problèmes humains fondamentaux associés à l’entende de voix dans le cadre d’une approche biopsychosociale-spirituelle pour l’entente de voix. Pour faire un pas en avant, le présent article se concentrera sur une partie fondamentale de l’expérience humaine, qui n’est généralement pas considérée par rapport aux l’expérience d’entente de voix, ou à la psychopathologie en général. Cet aspect de l’expérience humaine, un simple mot de quatre lettres, a été efficacement exclu des textes psychiatriques contemporains sur les hallucinations (…). L’expérience à laquelle nous nous référons est l’amour.

Qu’est-ce que l’amour? L’une des meilleures définitions peut être celle d’Erich Fromm (1956); « L’amour est la seule réponse saine et satisfaisante au problème de l’existence humaine » (p.133). Les Grecs anciens avaient beaucoup de mots que nous pouvons traduire comme l’amour, y compris eros, philia, storge, thelema et agape (Davidson, 2011). Eros est ce que nous reconnaissons comme le sentiment que quelqu’un exprime quand il dit qu’il est amoureux, un amour érotique et corporel, avec des pensées et des sentiments qui l’accompagnent. Philia est l’amour dans le sens de l’amour fraternel, un lien profond d’amitié et de fraternité. Des termes moins connus pour l’amour aujourd’hui, mais encore des expériences largement reconnues sont storge, une affection naturelle comme celle ressentie par un parent pour son enfant, et le thelema, le désir de faire quelque chose, de participer, de contribuer et de se reconnaître comme une personne utile sur la base de ces contributions. L’agape est plus difficile à définir et est une forme d’amour spirituel profond, ou un amour altruiste d’une personne pour une autre.

 

La preuve initiale qu’une perte d’amour, spécifiquement de la philia et de l’eros, peut jouer un rôle dans l’étiologie de l’expérience d’entendre de voix peut être tirée des études sur le deuil. Des cas des personnes qui entendent des voix après un deuil sont rapportés de façon interculturelle, ces expériences étant considérées comme plus normales dans des pays comme le Japon qu’au Royaume-Uni (Rees, 1971, Yamamoto, Okonogi, Iwasaki et Yoshimura, 1969). Dans une première étude, Rees (1971) a constaté que 13% des personnes endeuillées avaient entendu la voix de leur conjoint décédé. Plus le mariage avait été long, plus les hallucinations de toutes les formes étaient probables. Dans une étude ultérieure de 50 personnes au début des années 1970, dont les époux étaient décédés au cours de l’année précédente, Grimby (1993) a constaté qu’un mois après le deuil, 30% entendaient la voix de leur partenaire. Notamment, il a été constaté que la voix du partenaire décédé était plus fréquente chez les personnes très solitaires et qui « pleuraient gravement », ainsi que chez les hommes ayant une faible estime de soi. Ainsi, non seulement une perte d’eros et de philia impliquant d’autres personnes peut faciliter l’apparition des voix, mais être incapable d’avoir de la compassion pour soi-même peut également être un facteur contributif.

 

En ce qui concerne les personnes qui entendent des voix qui leur causent suffisamment de détresse et de déficience pour recevoir un diagnostic psychiatrique (une population sur laquelle le présent document se concentrera) un manque d’amour semble jouer un rôle dans la genèse de l’expérience entendre des voix. Spécifiquement, éprouver un manque d’amour par négligence dans l’enfance (Read et al., 2003), ou subir des expériences traumatisantes comme l’abus sexuel (McCarthy-Jones, 2011a) (…) ont été mis en évidence comme des facteurs potentiellement causatifs dans de nombreux cas des personnes qui entendent des voix. Par exemple, Romme et Escher (1989) ont constaté que 70% des personnes qui entendent des voix déclarent que leurs voix ont commencé après un événement traumatique ou émotionnel (p. Ex. Violence physique ou sexuelle, intimidation ou divorce parental). (…) Shevlin, Murphy, Dorahy et Adamson (2007) ayant découvert que l’un des quatre types de traumatismes de l’enfance (négligence, violence physique, viol, molestation) était associé à une probabilité accrue de 1,62 fois d’avoir des hallucinations auditives. Cette probabilité a augmenté à 2,36 fois si quelqu’un a eu deux de ces traumatismes, et 4,15 fois si quelqu’un a eu trois de ces traumatismes.

(…)

De récits personnels (voir par exemple Romme et al. 2009) montrent aussi que non seulement le traumatisme de l’enfance peut être suivi par le développement de voix critiques et tourmentantes, mais des voix bienveillantes peuvent aussi commencer à être entendues à la suite d’expériences d’abus. Ces voix peuvent offrir l’amour et le soutien que les gens du monde extérieur n’ont pas réussi à donner et pourraient être considérées comme un mécanisme de survie adaptatif.

(…)

Étant donné la présence de traumatismes dans les premières années de vie d’un pourcentage n’important de personnes qui entendent des voix, beaucoup d’entre elles vivent peut-être déjà dans un monde où elles sont privées d’amour. Pour ceux qui occupent de telles positions, l’apparition de voix peut exacerber encore davantage cette situation. Pour ceux qui ont la chance de grandir dans un environnement aimant et nourricier, les voix peuvent causer la perte de certaines de ces expériences d’amour. (…)

les effets des voix négatives mènent souvent à une spirale descendante, commençant par la peur et la confusion et se terminant par une grave déficience due à la frustration des besoins humains fondamentaux (McCarthy-Jones et al., sous presse). (…) Cela peut perturber profondément la capacité d’une personne à maintenir des relations sociales significatives et à atteindre la philia (Robertson et Lyons, 2003; Wagner et King, 2004). ). L’une des raisons en est le problème de traiter simultanément la voix dans sa tête et ses relations dans le monde social (Gee, Pearce, & Jackson, 2003). Les voix mènent souvent à l’utilisation du retrait comme mécanisme d’adaptation (Judge, Estroff, Perkins, & Penn, 2008), ce qui réduit davantage le potentiel d’expériences des diverses formes d’amour.  Le fait que les autres personnes dans le contexte social de la personne ne comprennent pas ce qu’elles vivent encourage l’isolement car la communication est trop lourde (Chernomas, Clarke et Chisholm, 2000 ; Gonzalez-Torres, Oraa, Aristegui, Fernandez-Rivas et Guimon, 2007).

(…)

La stigmatisation, l’isolement social et la discrimination peuvent donc mener à un monde où l’hostilité, la haine et le mépris remplacent les sentiments d’amour et d’appartenance et où les relations sociales et l’amour sont perdus (Schulze & Angermeyer, 2003). Le contenu de la voix des gens peut souvent renforcer ces points de vue des autres en les abusant et en les dénigrant (Rhodes, Jakes et Robinson, 2005). Cette stigmatisation est ensuite intériorisée, amenant la personne à se juger comme « inutile, incapable ou folle » (Wagner & King, 2004, p 143). Ceci influence négativement la probabilité que l’on se sente aimé par les autres.

(…)

En ce qui concerne les soins de santé mentale, les professionnels qui n’offrent pas philia et qui ne traitent pas la personne qui entend des voix comme un être humain à aimer peuvent aussi contribuer à un manque d’amour (J. Bassett, Lloyd et H. Bassett, 2001). Humberstone (2002) rapporte un patient qui raconte comment les services « peuvent me traiter comme un petit enfant, ils peuvent me traiter comme un spastique, ils peuvent me traiter comme un rien » (p.370). De même, les personnes qui entendent des voix peuvent signaler un manque d’intérêt chez les professionnels de la santé mentale en tant que personne, l’historique de leurs problèmes de santé mentale (Schulze & Angermeyer, 2003), et se concentrer sur les symptômes et les médicaments »

(…)

Entendre des voix (…) peut également conduire à une perte d’amour dans le sens d’eros devenant moins réalisable. La psychose a généralement été considérée par les personnes qui la vivent comme un obstacle à la formation et au maintien de relations amoureuses (Redmond, Larkin et Harrop, 2010). Par exemple, vivre dans un foyer de groupe à cause de la psychose peut aussi être un obstacle à la formation de relations. Warren et Bell (2000) ont noté qu’un individu demandait « comment ramener une fille dans un foyer – que penserait-elle alors de moi? ?  » (page 199). (…) Comme les voix ont tendance à frapper les inquiétudes et les doutes des interlocuteurs (Romme et al., 2009), il n’est pas surprenant que les relations amoureuses soient ciblées. Par exemple, une participante à l’étude de Volman et Landeen (2007) a déclaré que même si son partenaire « me dit qu’il m’aime. . . les voix me disent le contraire » (p.441).